Gordon Matta-Clark • Conical Intersect

Gordon Matta-Clark, Bruno de Witt
Paris 1975

Conical Intersect, Matta-Clark’s contribution to the Paris Biennale of 1975, manifested his critique of urban gentrification in the form of a radical incision through two adjacent 17th-century buildings designated for demolition near the much-contested Centre Georges Pompidou, which was then under construction. For this antimonument, or “nonument,” which contemplated the poetics of the civic ruin, Matta-Clark bored a tornado-shaped hole that spiraled back at a 45-degree angle to exit through the roof. Periscopelike, the void offered passersby a view of the buildings’ internal skeletons.


Conical Intersect

Conical Intersect (Before, Intersection conique) 1975

 

De 1971 à 1978, Gordon Matta-Clark a pratiqué des ouvertures dans l’architecture, tant à l’intérieur qu’à à l’extérieur des bâtiments. L’un de ses plus célèbres « cuttings » est celui réalisé en 1975 à l’occasion de la Biennale de Paris, au 27-29, rue Beaubourg. Répondant à l’invitation de Jean-Hubert Martin, alors conservateur au Mnam, la première idée de Matta-Clark fut de percer la structure du Centre Georges Pompidou alors en cours de construction. Le projet ayant été rejeté, il porta son choix sur deux immeubles jumeaux du xviie siècle comptant parmi les derniers bâtiments voués à la démolition dans le cadre du plan de réaménagement du quartier des Halles. Conical Intersect prit la forme d’un gigantesque cône creusant à travers les murs et les planchers une spirale, dont la partie la plus large s’ouvrait au nord sur les rues du quartier, et dont la pointe transperçait le toit de la maison voisine, laissant entrevoir aux passants des fragments de l’ossature du Centre Pompidou. Selon Gerry Hovagimyan – collaborateur de Matta-Clark sur ce travail –, le jeu de lumière créé s’inspirait d’un film d’Anthony McCall, Line Describing a Cone (1973), qui s’ouvre sur une tache de lumière traçant peu à peu un cône dans l’espace. À la frontière de la sculpture et de l’architecture, le travail de l’artiste renversait le processus habituel de construction en révélant les structures internes des bâtiments. Chargée d’une dimension sociale et historique, son action était guidée par la volonté d’introduire une critique de l’environnement urbain en en modifiant la perception. Si la plupart de ses interventions ont été démolies, des témoignages rendant compte de l’élaboration de ses découpages demeurent sous la forme de photographies ou de films.

 

Extrait du catalogue Collection art contemporain – La collection du Centre Pompidou, Musée national d’art moderne , sous la direction de Sophie Duplaix, Paris, Centre Pompidou, 2007


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