Public-Space_Fights-and-Fictions_Magazin.pdf

 

INTRODUCTION BY THE FUNAMBULIST & NEW SOUTH ///
“Who do we exclude from our fictions? Who do we include in our desires?” — Tentative Collective

Architects appear increasingly to be getting interested in the politics of public space. The 36-hour Factory of Thought event at the Akademie der Künste in Berlin is therefore inscribed in a larger movement towards social awareness as a key value in architecture practice. Regardless of its successes or failures, the 15th edition of the Venice Biennale Reporting from the Front, curated by Alejandro Arevena, provides the latest solid evidence of this move. Although such a shift both in the practices and questions encountered by architects can only be a positive shift, what is too often missing from the conversation is the crucial need to question the very nature of public space itself: not only the way it is made and used, but the broader societal vision that it represents and reinforces. A useful starting point, then, is to examine what we mean when we say ‘public’, before we move on to ‘space’, the material that as architects, urban planners and spatial practitioners, we may dissect more comfortably.

J’ai demandé aux habitants du camp Aïda à Bethléem d’esquisser des cartes de ce qui les entoure. Les dessins en train de se faire ont été enregistrés en vidéo, de même que les récits qui animent ces géographies subjectives. À travers six chapitres qui forment autant de courts-métrages potentiellement indépendants, vous découvrirez pas à pas le camp de réfugiés et ses environs, vous suivrez les trajets de quelques personnes et leurs tentatives de composer avec l’état de siège sous lequel ils vivent. Un hommage à ce que j’appellerai résistance par contournement, à l’heure où la possibilité même de cette résistance semble disparaître.


I have asked inhabitants of Aida Camp, Bethlehem, to draw maps of what they see around them. The drawing process as well as the stories related to those subjective geographies have been recorded on video. Through six chapters that form as many potentially independent short films, step by step you’ll discover the refugee camp and it’s surroundings, you’ll follow the routes of some persons and their attempts to deal with the state of siege they live under. Let’s call it a tribute to resistance by going around obstacles, in times where the very possibility of that resistance seems to be vanishing.

 

Film & Lecture

Architecture + Art : Edi Rama & Anri Sala

When former artist Edi Rama became mayor of Tirana in 2000 he immediately set upon a controversial project to enliven the troubled Albanian capital by re-painting the city’s decaying buildings in a riotous array of colour and pattern. An aesthetic and political act, which prompted social transformation, and much debate, through its visualization of signs of change. Three years later Rama and the project became the subject of artist (and friend) Anri Sala’s film, Dammi I Colori. The next year, Rama was voted World Mayor 2004.

1980, 12:20 min, color, sound

 

Reading the billboards, the trash, the cars, the people, and the graffitti of the street as cultural signs, Rosler extracts the network of social power and domination that determines whose culture gets represented where, asking, « Whose culture gets in the magazines and whose culture is required to exist in the street? » A collage of super-8 footage shot while cruising the streets of a predominantly Latino neighborhood with a voiceover of Rosler’s commentary, the tape successfully combines social analysis with everyday observation, drawing attention to the structure of society’s fabric and reevaluating what the dominant culture calls « trash. »

Nomades, voyageurs, infortunés, réfugiés, conquérants, contestataires: voilà six catégories de campements que la Cité Chaillot a choisit d’explorer dans une exposition qui ouvre ce mercredi 13 avril. Comment habiter l’éphémère ? Comment construire avec les moyens du bord ? Souvent en marge des villes, les campements passent pourtant rarement inaperçus, ils prennent une place importante dans l’actualité – et dans l’imaginaire collectif.

A l’occasion de l’ouverture de l’exposition « Habiter le campement » à la Cité de l’architecture et du patrimoine, nous discutons de l’habitat provisoire en compagnie de deux architectes : Patrick Bouchain et Philippe Trétiack.

 

Interview by Social Science Bites (transcription below)

Geographer Doreen Massey wants us to rethink our assumptions about space. In this episode of the Social Science Bites podcast she explains why.

 

David Edmonds: Doreen Massey has made her reputation by studying space, not outer space, space here on planet Earth. Professor Massey is a geographer who wants us to rethink many of our assumptions about space, including the assumption that it is simply something we pass through. She believes that an analysis of spatial relations between, for example, people, cities, jobs, is key to an understanding of politics and power.

Luc Delahaye, Eyal Weizman - The Space of this Room is your Interpretation (2011)

Luc Delahaye, Eyal Weizman – The Space of this Room is your Interpretation (2011)

par  Eyal Weizman

La manœuvre conduite par l’armée israélienne à Naplouse en avril 2002 consiste à interpréter la maison privée comme une voie de passage, et à « passer à travers les murs ». Elle implique une conception de la ville en tant que médium de la guerre : une matière flexible, quasi liquide, constamment contingente. Qui produit de telles interprétations ? Un vaste champ intellectuel s’est mis en place depuis la fin de la guerre froide afin de repenser les opérations militaires. Les soldats suivent des cours intensifs pour maîtriser des matières telles que l’infrastructure urbaine ou l’analyse des systèmes complexes, et recourent également à une grande variété de théories élaborées dans les sphères universitaires civiles. L’appropriation militaire de ces théories est étudiée ici par le biais d’entretiens avec des officiers, dans le souci d’attirer l’attention sur la possibilité, comme l’envisageait Herbert Marcuse, qu’à mesure que s’accroît l’intégration entre divers aspects de la société, « la contradiction et la critique » puissent se trouver également subsumées et devenir un instrument au service du pouvoir hégémonique. La subversion du mur devient la prérogative de l’armée israélienne dans les camps de réfugiés palestiniens.

Un film du PEROU, réalisé par Sébastien Thiéry, sur l’arrêté municipal n° 2013/147 du 29 mars 2013 lu par Yves-Noël Genod.


Au petit matin du 3 avril 2013, en lisière de la Nationale 7 à Ris-Orangis, trois pelleteuses anéantissent un bidonville où vivaient 140 citoyens européens de nationalité roumaine. Ici-même depuis quatre mois, sous l’égide du PEROU (Pôle d’exploration des ressources urbaines), riverains et architectes avaient inlassablement construit, dansé, et transformé l’espace du bidonville comme les représentations qui s’y rapportent. La Mairie socialiste n’a cure de ce chantier manifeste et justifie les opérations de police par un arrêté d’expulsion pour « péril imminent ». Ce texte de huit pages transpire la phobie sécuritaire comme la névrose obsessionnelle : les excréments obnubilent, on y raconte que rien de ce qui est bâti ne saurait rester vaillant, et que le pire est immanquablement à venir. En ce qu’il singe le bon sens tout en promouvant la guerre à l’endroit même où c’est l’hospitalité qui devrait se conquérir, ce texte inouï nous ressemble, il porte nos traits. Sur fond noir de la destruction d’un espace où l’on chantait, dansait, faisait l’amour, riait et pleurait, « Considérant qu’il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir » cherche à saisir ces traits, le visage de notre propre monstruosité.

Annika Eriksson – Wir Bleiben / The Last Tenants (2011)

Wir Bleiben / The Last Tenants is a twenty minutes video loop that focuses on the building where Eriksson used to live. Built in 1755 it has survived centuries, decades and two World Wars. Since the wall came down, the neighborhood has been rapidly gentrified. The work is portraying the last tenants of the building: their decision to remain in their apartments and the fight for their rights. In asking the tenants of the building -– her former neighbors – to tell their story, she provides us with a portrait of the building. In the work, the former tenants speak from a moment of occupation, but also from a marked displacement, as if they were trapped in a time pocket.

La Cité présente le travail et la démarche de Carin Smuts, architecte des townships de Cape Town, lauréate du Global Award for Sustainable Architecture en 2008.

When Faith Moves Mountains (making of), 15 m 06 s, Lima, Peru 2002

 

Invité à la troisième Biennale de Lima de 2002, Francis Alÿs réalise un projet de grande ampleur qui prend pour titre When Faith Moves Mountains, reprenant la sainte maxime « Quand la foi déplace les montagnes », au pied de la lettre. Le 11 avril 2002, Francis Alÿs parvient à réunir environ 500 volontaires armés de pelles sur la cime d’une dune de Ventanilla, au nord de Lima, une cité bâtie sur un désert qui abrite les quartiers les plus pauvres de la capitale et où de nombreuses habitations illégales ont fleuris. Sans eau ni électricité, cette zone est essentiellement peuplée par des immigrants économiques et des réfugiés politiques qui ont échappé à la guerre civile pendant les années 80 et 90. L’objectif de cette nouvelle communauté, alignée, temporaire, autonome, recrutée principalement chez des universitaires de Lima , est de déplacer une dune de dix centimètres, sur une ligne de 500m. Lentement, toute la journée, ils avancent ensemble, déplaçant un petit monticule de sable devant leurs pieds. La symbolique de l’action collective engage une réévaluation de la notion subjective et politique de la carte et du territoire. Topos versus Utopie en quelque sorte.

La compréhension de la ville peut être aujourd’hui réamorcée par de nouvelles questions. Le genre en est assurément une. Les études qui y sont consacrées sont de plus en plus nombreuses et témoignent de l’intérêt récent pour ce sujet. Il s’agit de regarder le phénomène urbain en approchant la question sociale de façon transversale et en revenant à la question politique par l’identification d’enjeux comme la domination masculine et l’émancipation sexuelle de différentes tutelles, depuis la sphère de l’intime jusqu’à la régulation politique des espaces publics.

Entretien d’Édouard Glissant avec Laure Adler dans « L’invitation au voyage » en 2004.

Eyal Weizman explains architecture’s key role in the Israeli occupation of Palestine and the evolution of urban warfare.

On a journey across the settlements and roads of the West Bank and along the Separation Wall, Israeli architect Eyal Weizman demonstrates how architecture is central to the Israeli occupation of Palestine.

« Architecture and the built environment is a kind of a slow violence. The occupation is an environment that was conceived to strangulate Palestinian communities, villages and towns, to create an environment that would be unliveable for the people there. » says Weizman.

Henri Lefebvre, sociologue français célèbre, livre l’essentiel de ses idées sur la ville et sur la vie urbaine contemporaine, dont il est l’un des critiques les plus durs. Fustigeant le règne de l’automobile et la commercialisation de toute chose, dénonçant une certaine conception superficielle et facile du progrès, il signale que notre civilisation a dramatiquement raté le tournant de l’époque industrielle (révolue) à l’époque urbaine (actuelle) et préconise, après la réforme agraire, la réforme urbaine.

1972, 34 min 25 s

Constellations – Trajectoires révolutionnaires du jeune 21è siècle par le collectif mauvaise troupe

De ce début de siècle, nous avons encore le souvenir. De ses révoltes, de ses insoumissions, nous sommes nombreux à ne rien vouloir oublier. Nous savons pourtant que nous vivons dans un monde qui s’en emparera, nous en dépossédera afin que des enseignements n’en soient jamais tirés, et que rien de ce qui est advenu ne vienne repassionner les subversions à venir.

Emission Radio,1966

« Les hétérotopies » et « L’utopie du corps » were two radio conferences broadcast by France culture station on December 7 and 11, 1966 as part of the Culture française radio program produced by Robert Valette.

© INA – Institut national de l’audiovisuel, 1966