J’ai demandé aux habitants du camp Aïda à Bethléem d’esquisser des cartes de ce qui les entoure. Les dessins en train de se faire ont été enregistrés en vidéo, de même que les récits qui animent ces géographies subjectives. À travers six chapitres qui forment autant de courts-métrages potentiellement indépendants, vous découvrirez pas à pas le camp de réfugiés et ses environs, vous suivrez les trajets de quelques personnes et leurs tentatives de composer avec l’état de siège sous lequel ils vivent. Un hommage à ce que j’appellerai résistance par contournement, à l’heure où la possibilité même de cette résistance semble disparaître.


I have asked inhabitants of Aida Camp, Bethlehem, to draw maps of what they see around them. The drawing process as well as the stories related to those subjective geographies have been recorded on video. Through six chapters that form as many potentially independent short films, step by step you’ll discover the refugee camp and it’s surroundings, you’ll follow the routes of some persons and their attempts to deal with the state of siege they live under. Let’s call it a tribute to resistance by going around obstacles, in times where the very possibility of that resistance seems to be vanishing.

Sound Sculpture (1975), ed. John Grayson, 1975

 

A collection of essays by artists surveying the techniques; applications; and future directions of sound sculpture.

 

Sound Sculpture is the first publication to deal completely with this new art form. It’s a collection of over 30 articles and essays by an international cross section of Sound Sculptors who define and outline the field. It’s also a definitive introduction to the history of Sound Sculpturing. Included are over 150 photographs and drawings illustrating the construction of such unusual projects as: how to build a Western Gamelan (Balanese ‘orchestra’), examples of giant environmental Sound Sculptures, Sound Sculpture designed for a new ‘people’s music,’ and so on.

Contributing artists include Harry Partch, Bernard Baschet, François Baschet, Stephan Von Huene, David Jacobs, John Chowning, Walter Wright, David Rothenberg, Lou Harrison, David Rosenboom, Bill Colvig, Corey Fischer, R. Murray Schafer, and others.

 

Film & Lecture

Architecture + Art : Edi Rama & Anri Sala

When former artist Edi Rama became mayor of Tirana in 2000 he immediately set upon a controversial project to enliven the troubled Albanian capital by re-painting the city’s decaying buildings in a riotous array of colour and pattern. An aesthetic and political act, which prompted social transformation, and much debate, through its visualization of signs of change. Three years later Rama and the project became the subject of artist (and friend) Anri Sala’s film, Dammi I Colori. The next year, Rama was voted World Mayor 2004.

1980, 12:20 min, color, sound

 

Reading the billboards, the trash, the cars, the people, and the graffitti of the street as cultural signs, Rosler extracts the network of social power and domination that determines whose culture gets represented where, asking, « Whose culture gets in the magazines and whose culture is required to exist in the street? » A collage of super-8 footage shot while cruising the streets of a predominantly Latino neighborhood with a voiceover of Rosler’s commentary, the tape successfully combines social analysis with everyday observation, drawing attention to the structure of society’s fabric and reevaluating what the dominant culture calls « trash. »

 

 

The Great Ecstasy of Woodcarver Steiner (Die Große Ekstase des Bildschnitzers Steiner) is a 1974 documentary film by German filmmaker Werner Herzog. It is about celebrated ski-jumper Walter Steiner who works as a carpenter for his full-time occupation. Herzog has called it « one of my most important films. » (wikipedia)


Die große Ekstase des Bildschnitzers Steiner (littéralement La Grande Extase du sculpteur sur bois Steiner) est un film documentaire de Werner Herzog portant sur le champion suisse de saut à ski Walter Steiner, qui travaille comme charpentier à plein temps. Le film suit notamment le sportif au cours des championnats du monde de 1972 à Planica en Slovénie et s’intéresse aux motivations et à la passion de Steiner pour le saut à ski. (wikipedia)

 

Iannis Xenakis: Music and Architecture (2008)

Architectural Projects, Texts, and Realizations

This major work fills a major lacuna in the literature by bringing together for the first time all of the projects, realizations and texts related to architecture by the multi-faceted Xenakis who worked with Le Corbusier for 12 years. Sharon Kanach assisted the composer in gathering the texts for this his last ambitious project.

La Maltournée à Saint-Denis, est un espace « délaissé » depuis la construction des routes qui aujourd’hui l’enserrent. Ce lieu sans destination, accessible sans distinction, permet une socialisation « inventive ». Les passants occasionnels comme fidèles m’ont tracé la carte de La Maltournée avant sa disparition.

Gilles Clément • Le tiers paysage

 

Nomades, voyageurs, infortunés, réfugiés, conquérants, contestataires: voilà six catégories de campements que la Cité Chaillot a choisit d’explorer dans une exposition qui ouvre ce mercredi 13 avril. Comment habiter l’éphémère ? Comment construire avec les moyens du bord ? Souvent en marge des villes, les campements passent pourtant rarement inaperçus, ils prennent une place importante dans l’actualité – et dans l’imaginaire collectif.

A l’occasion de l’ouverture de l’exposition « Habiter le campement » à la Cité de l’architecture et du patrimoine, nous discutons de l’habitat provisoire en compagnie de deux architectes : Patrick Bouchain et Philippe Trétiack.

Marie Tavernier • Délaissé

 

Le Tiers-Paysage –fragment indécidé du Jardin Planétaire- désigne la somme des espaces où l’homme abandonne l’évolution du paysage à la seule nature. Il concerne les délaissés urbains ou ruraux, les espaces de transition, les friches, marais, landes, tourbières, mais aussi les bords de route, rives, talus de voies ferrées, etc … A l’ensemble des délaissés viennent s’ajouter les territoires en réserve. Réserves de fait : lieux inaccessibles , sommets de montagne, lieux incultes, déserts ; réserves institutionnelles : parcs nationaux, parcs régionaux, « réserves naturelles ».

 

Interview by Social Science Bites (transcription below)

Geographer Doreen Massey wants us to rethink our assumptions about space. In this episode of the Social Science Bites podcast she explains why.

 

David Edmonds: Doreen Massey has made her reputation by studying space, not outer space, space here on planet Earth. Professor Massey is a geographer who wants us to rethink many of our assumptions about space, including the assumption that it is simply something we pass through. She believes that an analysis of spatial relations between, for example, people, cities, jobs, is key to an understanding of politics and power.

 

Metropolis-movie-poster

Metropolis est un film long-métrage allemand réalisé par Fritz Lang en 1926 dont l’action se situe son action dans une ville futuriste du même nom. À Metropolis, les clivages sociaux et les rapports de classe sont la base de l’organisation de la société : les ouvriers travaillent dur dans les sous-sols crasseux de la cité pour assurer sa survie, dirigés d’une main de fer par la caste des dirigeants, qui réside dans de somptueux jardins suspendus sur les hauteurs de la ville. Le film suit le parcours du fils du maître de la cité, qui cherche à renverser l’ordre établi.

Luc Delahaye, Eyal Weizman - The Space of this Room is your Interpretation (2011)

Luc Delahaye, Eyal Weizman – The Space of this Room is your Interpretation (2011)

par  Eyal Weizman

La manœuvre conduite par l’armée israélienne à Naplouse en avril 2002 consiste à interpréter la maison privée comme une voie de passage, et à « passer à travers les murs ». Elle implique une conception de la ville en tant que médium de la guerre : une matière flexible, quasi liquide, constamment contingente. Qui produit de telles interprétations ? Un vaste champ intellectuel s’est mis en place depuis la fin de la guerre froide afin de repenser les opérations militaires. Les soldats suivent des cours intensifs pour maîtriser des matières telles que l’infrastructure urbaine ou l’analyse des systèmes complexes, et recourent également à une grande variété de théories élaborées dans les sphères universitaires civiles. L’appropriation militaire de ces théories est étudiée ici par le biais d’entretiens avec des officiers, dans le souci d’attirer l’attention sur la possibilité, comme l’envisageait Herbert Marcuse, qu’à mesure que s’accroît l’intégration entre divers aspects de la société, « la contradiction et la critique » puissent se trouver également subsumées et devenir un instrument au service du pouvoir hégémonique. La subversion du mur devient la prérogative de l’armée israélienne dans les camps de réfugiés palestiniens.

Samuel Beckett – Quad 1

‘Quad’, the first in a series of minimalist experimental television plays made by Beckett in the 1980s for the broadcaster Süddeutscher Rundfunk, operates with a serial game involving the motional pattern of four actors, but equally accommodating four soloists, six duos, and four trios. Four actors, whose coloured hoods make them identifiable yet anonymous, accomplish a relentless closed-circuit drama.

Un film du PEROU, réalisé par Sébastien Thiéry, sur l’arrêté municipal n° 2013/147 du 29 mars 2013 lu par Yves-Noël Genod.


Au petit matin du 3 avril 2013, en lisière de la Nationale 7 à Ris-Orangis, trois pelleteuses anéantissent un bidonville où vivaient 140 citoyens européens de nationalité roumaine. Ici-même depuis quatre mois, sous l’égide du PEROU (Pôle d’exploration des ressources urbaines), riverains et architectes avaient inlassablement construit, dansé, et transformé l’espace du bidonville comme les représentations qui s’y rapportent. La Mairie socialiste n’a cure de ce chantier manifeste et justifie les opérations de police par un arrêté d’expulsion pour « péril imminent ». Ce texte de huit pages transpire la phobie sécuritaire comme la névrose obsessionnelle : les excréments obnubilent, on y raconte que rien de ce qui est bâti ne saurait rester vaillant, et que le pire est immanquablement à venir. En ce qu’il singe le bon sens tout en promouvant la guerre à l’endroit même où c’est l’hospitalité qui devrait se conquérir, ce texte inouï nous ressemble, il porte nos traits. Sur fond noir de la destruction d’un espace où l’on chantait, dansait, faisait l’amour, riait et pleurait, « Considérant qu’il est plausible que de tels événements puissent à nouveau survenir » cherche à saisir ces traits, le visage de notre propre monstruosité.

Annika Eriksson – Wir Bleiben / The Last Tenants (2011)

Wir Bleiben / The Last Tenants is a twenty minutes video loop that focuses on the building where Eriksson used to live. Built in 1755 it has survived centuries, decades and two World Wars. Since the wall came down, the neighborhood has been rapidly gentrified. The work is portraying the last tenants of the building: their decision to remain in their apartments and the fight for their rights. In asking the tenants of the building -– her former neighbors – to tell their story, she provides us with a portrait of the building. In the work, the former tenants speak from a moment of occupation, but also from a marked displacement, as if they were trapped in a time pocket.

A TRAVERS LA GLACE 1914-1917 : l’expédition Shackleton

Au début du XXème siècle, la conquête des pôles, dernières contrées inconnues de l’Homme, anime nombre d’explorateurs, pour la gloire et pour la science. Au rang de ceux-ci, Sir Ernest Shackleton tient lieu de héros : sa traversée de l’Antarctique vit son navire et son équipage faits prisonniers par les glaces. Pour sauver ses compagnons, l’explorateur accomplit une série d’incroyables exploits.

La Cité présente le travail et la démarche de Carin Smuts, architecte des townships de Cape Town, lauréate du Global Award for Sustainable Architecture en 2008.

When Faith Moves Mountains (making of), 15 m 06 s, Lima, Peru 2002

 

Invité à la troisième Biennale de Lima de 2002, Francis Alÿs réalise un projet de grande ampleur qui prend pour titre When Faith Moves Mountains, reprenant la sainte maxime « Quand la foi déplace les montagnes », au pied de la lettre. Le 11 avril 2002, Francis Alÿs parvient à réunir environ 500 volontaires armés de pelles sur la cime d’une dune de Ventanilla, au nord de Lima, une cité bâtie sur un désert qui abrite les quartiers les plus pauvres de la capitale et où de nombreuses habitations illégales ont fleuris. Sans eau ni électricité, cette zone est essentiellement peuplée par des immigrants économiques et des réfugiés politiques qui ont échappé à la guerre civile pendant les années 80 et 90. L’objectif de cette nouvelle communauté, alignée, temporaire, autonome, recrutée principalement chez des universitaires de Lima , est de déplacer une dune de dix centimètres, sur une ligne de 500m. Lentement, toute la journée, ils avancent ensemble, déplaçant un petit monticule de sable devant leurs pieds. La symbolique de l’action collective engage une réévaluation de la notion subjective et politique de la carte et du territoire. Topos versus Utopie en quelque sorte.

La compréhension de la ville peut être aujourd’hui réamorcée par de nouvelles questions. Le genre en est assurément une. Les études qui y sont consacrées sont de plus en plus nombreuses et témoignent de l’intérêt récent pour ce sujet. Il s’agit de regarder le phénomène urbain en approchant la question sociale de façon transversale et en revenant à la question politique par l’identification d’enjeux comme la domination masculine et l’émancipation sexuelle de différentes tutelles, depuis la sphère de l’intime jusqu’à la régulation politique des espaces publics.

Entretien d’Édouard Glissant avec Laure Adler dans « L’invitation au voyage » en 2004.

Eyal Weizman explains architecture’s key role in the Israeli occupation of Palestine and the evolution of urban warfare.

On a journey across the settlements and roads of the West Bank and along the Separation Wall, Israeli architect Eyal Weizman demonstrates how architecture is central to the Israeli occupation of Palestine.

« Architecture and the built environment is a kind of a slow violence. The occupation is an environment that was conceived to strangulate Palestinian communities, villages and towns, to create an environment that would be unliveable for the people there. » says Weizman.

Thomas Demand – Tunnel (1999)

The film presumably shows a fast-paced tracking shot through the tunnel in which Lady Diana Spencer, Princess of Wales, died in a car crash. At first the viewer seems to remember seeing these images in the media. But in reality the set is a true to life, cardboard mock-up of architectural details. Under closer inspection, one also realizes that instead of reproducing reality Thomas Demand creates a perfectly-constructed model world.

Annual Rings U.S.A./Canada boundary at Fort Kent, Maine and Clair, New Brunswick 1969. Schemata of annual rings severed by political boundary. Time: U.S.A. 1:30 pm; Canada 2:30 pm

Annual Rings U.S.A./Canada boundary at Fort Kent, Maine and Clair, New Brunswick 1969. Schemata of annual rings severed by political boundary. Time: U.S.A. 1:30 pm; Canada 2:30 pm

 

J’ai plusieurs fois essayé de penser à un appartement dans lequel il y aurait une pièce inutile, absolument et délibérément inutile. Ça n’aurait pas été un débarras, ça n’aurait pas été une chambre supplémentaire, ni un couloir, ni un cagibi, ou un recoin. Ç’aurait été un espace sans fonction. Ça n’aurait servi à rien, ça n’aurait renvoyé à rien.

Il m’a été impossible, en dépit de mes efforts, de suivre cette pensée, cette image, jusqu’au bout. Le langage lui-même, me semble-t-il, s’est avéré inapte à décrire ce rien, ce vide, comme si l’on ne pouvait parler que de ce qui est plein, utile, et fonctionnel.

Les Diogène auraient besoin de tout, mais ne demandent rien.

 

En 1975, deux gériatres anglais, Clark et Mankikar, décrivent un trouble du comportement connu de tout temps et pourtant encore peu étudié jusque-là. Ils le baptisent « syndrome de Diogène », en référence au philosophe grec né à Sinope en 413 avant J.C., chef de file des cyniques et qui vivait dans une amphore.

« Diogène », c’est donc ainsi qu’on qualifie ces humains qui, au cœur de nos villes, entassent, loin des regards, des tonnes de papiers, boîtes, sacs plastiques, journaux, vêtements, aliments, poubelles, détritus, excréments… Au point souvent de ne plus disposer que d’un ou deux mètres carrés pour vivre dans un appartement devenu totalement insalubre. Et au point parfois de ne plus pouvoir pénétrer dans l’appartement et de devoir vivre sur le palier.

Jacques Tati, Playtime (1967) (extrait)

Ambient 1: Music for Airports (1978) « 1/1 » composed by Robert Wyatt and Rhett Davies with Brian Eno.

 

Codex Seraphinianus [PDF, 55.4mb] 1978.

Born in Rome in 1949, Luigi Serafini is best known for his visual tour-de-force the Codex Seraphinianus. Originally published in 1981 in a strictly limited edition, the Codex is an asemic encyclopedia of an alien world. Lushly illustrated, each of the Codex’s 11 chapters explore what Douglas Hofstadter categorized as both « grotesque and disturbing » and « extreme beautiful and visionary » surreal images of a fictional world. Long considered to be written in an uncrackable code, Serafini admitted in 2009 that the Codex Seraphinianus is actually written asemically in order to echo the feeling that children have when first encountering the written word.

Henri Lefebvre, sociologue français célèbre, livre l’essentiel de ses idées sur la ville et sur la vie urbaine contemporaine, dont il est l’un des critiques les plus durs. Fustigeant le règne de l’automobile et la commercialisation de toute chose, dénonçant une certaine conception superficielle et facile du progrès, il signale que notre civilisation a dramatiquement raté le tournant de l’époque industrielle (révolue) à l’époque urbaine (actuelle) et préconise, après la réforme agraire, la réforme urbaine.

1972, 34 min 25 s

9780415172530

Architecture is a subject which demands to be understood in context: that is, within the context of its production (society, economics, politics, culture) and the context of its consumption, representation and interpretation (different academic disciplines, interest groups, institutions, users). In the light of enormous and rapid shifts in theoretical, historical and critical debates, particularly with respect to feminism, understanding architecture in relation to gender demands an urgent contextualisation.

Originally published in Domus 202 / October 1944
I seem to understand that interior design does not mean inventing a new form of a certain piece of furniture, but rather putting a common piece of furniture, a vulgar lounge chair, in the right place
One comes home tired from working all day and finds an uncomfortable chair

Interior designers are generally concerned with making new furniture and inventing a new form for tables, chairs, hangers, armchairs. Let us consider the « armchair » which is the most obvious example. How many different armchairs have you seen in your life? Did you happen to sit on very low chairs (chairs upon which real ladies never sit) or on chairs that were so long

Constellations – Trajectoires révolutionnaires du jeune 21è siècle par le collectif mauvaise troupe

De ce début de siècle, nous avons encore le souvenir. De ses révoltes, de ses insoumissions, nous sommes nombreux à ne rien vouloir oublier. Nous savons pourtant que nous vivons dans un monde qui s’en emparera, nous en dépossédera afin que des enseignements n’en soient jamais tirés, et que rien de ce qui est advenu ne vienne repassionner les subversions à venir.